La vie, c'est pas des corn flakes

ASSUME NOTHING, QUESTION EVERYTHING

Name: Fluctu'Act
Location: Amsterdam, Netherlands

It's not the critic who counts;not the person who points out where the strong man stumbled or where the doer of deeds could have done better. The credit belongs to the man who is actually in the arena; who errs and comes short again and again; who knows the great enthusiasms; who at best, knows the triumph of high achievement; and who, at the worst, if he fails, at least fails while daring greatly, so that his place shall never be with those cold and timid souls,who know neither victory nor defeat.

Wednesday, December 20, 2006

Nouvelle série à succès

Si vous avez aimé la psy pour personnages de contes de fées et les 3 Bonnnes Raisons de Croire Que...et ben moi aussi j'ai bien aimé. Voici donc une nouvelle série: "Les objets auxquels nous n'accordont que trop peu d'attention". Aujourd'hui, le fauteuil de coiffeur.


Je hais le début de la semaine. Après une journée passée à peu près au calme, je vais encore passer toute une semaine à devoir les (sup)porter, elles et leurs débris de cheveux. Elles, ce sont les clientes du salon de coiffure. Ah c’est vrai. Tout à ma mauvaise humeur matinale, j’ai oublié de me présenter. Je suis fauteuil à temps complet dans un salon de coiffure. Si ça se trouve, j’ai peut-être déjà accueilli votre postérieur. Qui sait ?
En sortant de l’usine, je pensais arriver chez un particulier ou dans une entreprise, où on m’aurait sûrement apprécié à ma juste valeur. Et voilà que je me retrouve dans un salon de coiffure. Pourquoi tant de haine ?

Croyez-moi, je n’ai pas du tout une situation enviable. Pensez-donc : je dois supporter toute la journée, sans broncher, un troupeau ininterrompu de rombières plus vraiment fraîches persuadées qu’une nouvelle coiffure les mettra en valeur et évitera à l’avenir toute confusion malencontreuse (et pourtant compréhensible) avec leur caniche. Quand on voit certaines clientes, on se dit qu’une coupe n’est pas suffisante. Il vaudrait mieux faire intervenir une entreprise de BTP…voire les Compagnons du devoir.

Je me souviens d’une cliente en particulier. Je l’ai sentie avant de la voir. A croire qu’elle avait pris une douche aux extraits naturels de Canard WC. Je ne l’ai vue qu’après dans le miroir : le regard con et vide d’un teckel vieillissant et la chevelure à mi-chemin d’une serpillère et d’un abat-jour en poils de fesses de yack. Après un shampoing pour cheveux ultra-gras, la voilà qui pose, ou plutôt écrase, ses fesses sur moi. Ainsi vautrée, elle commence à déblatérer sur tout et n’importe quoi (en fait, surtout n’importe quoi) : les variations du thermomètre, les potins sur ses voisines et connaissances (« Z’avez-vu comme elle a grossi M’ame Bichard ? »), le journal de Jean-Pierre Pernaut ( après lequel elle se croit bien informée, c’est dire…), sans oublier bien sûr les commentaires que lui inspirent les articles sur les célébrités (ou qui du moins se croient/qu’elle considère comme telles) lus dans la presse caniveau dont quelques exemplaires sont à disposition. Et comme si ça ne suffisait pas, l’air de rien, elle se met à lâcher un petit pet furtif et silencieux dont j’absorbe l’odeur nauséabonde.

Enfin, s’il n’y avait qu’elle…Aïe ! Mais fais attention avec ton balai ! Elle est mal réveillée ce matin, la patronne. Y’a pas que moi, ça me rassure. Déjà une cliente ? Non mais je rêve ! C’est la pétomane ! Je hais le début de la semaine !

Tuesday, December 12, 2006

On the road again

On the road again
Goin’ to places that I’ve never been
Seein’ thing that I may never see again
I can’t wait to get on the road again
Le but, ce n’est pas la destination, c’est le voyage. Voila pourquoi je ne vais point vous narrer mes tribulations éthylo-zigouni-piloupilenne à Glasgow mais le voyage m’y conduisant. Non pas que ce soit plus intéressant, mais enfin passons.
Un matin froid dans un village de campagne, aux confins de la Beauce et du Perche. Je m’extirpe de mon Home Warm Home, prenant de plein fouet la bise glaciale de Novembre. Walkman sur les oreilles, PJ Harvey dans le casque. 20 minutes de marche pour atteindre l’arrêt Transbeauce. Pendant le trajet jusqu’à Dreux, je discute avec le chauffeur. Il faut dire qu’on se connait depuis près de dix ans. Une demi-heure plus tard, nous voici arrivés à la gare de Dreux. Juste le temps d’acheter Libération et de composter mon billet (je ne saisis toujours pas l’utilité de ce geste, mais enfin passons) et je monte dans le train, direction Montparnasse. Evidemment, pas de trajet en train en France sans l’inévitable connard vomissant son aigreur contre la SNCF. J’en conviens, la SNCF est loin d’être parfaite. Mais si je pouvais passer, ne serait-ce qu’une journée, sans entendre un seul ahuri critiquer les services publics…
Enfin…le calvaire est bref. Il est temps de plonger dans les entrailles de la capitale pour prendre le métro. Et là, c’est l’accident…de personne. En langage clair, un accident de personne est quelqu’un qui a cru qu’il/elle pouvait arrêter le métro avec sa tête. Et qui en un sens a réussi puisque le trafic est interrompu. Intense réflexion de votre serviteur puisque cela paralyse trois lignes : comment atteindre Gallieni rapidement ? Deux changements et 45 minutes plus tard, mission accomplie : Gare routière internationale, here I am.
13h : c’est le grand départ pour Londres. Temps gris, humide et froid. Périphérique et autoroute dégagés. Compil’ perso dans le MiniDisc : Monster Magnet, Dylan, Dead Kennedys, Naast etc…je ne vais pas tous les citer, y’en a pour 5h20 de musique.
Le voyage se poursuit sans histoire, ni arrêt. Le paysage défile derrière la vitre, et change peu à peu. Nous arrivons dans le Nord. La masse sombre des terrils se découpe dans la brume vespérale. Le panneau “Tunnel sous la Manche” apparaît enfin. Avant d’embarquer dans la Navette, il faut passer par les cases « Police aux frontières » et « UK Customs ». Commençons par nos compatriotes (à vous de voir comment l’ écrire, un ou deux mots).
Cette fois, non seulement ils contrôlent les passeports (normal) mais ils décident en plus de contrôler tous les bagages et de les scanner. Tous les sacs sont donc passés aux rayons X. Même mon sac de reporter, que j’ai également dû ouvrir pour leur montrer que, non, il ne s’agit pas d’un bâton de TNT ou d’une arme de destruction massive, mais bien un simple microphone. Pas le moment de sortir une de mes célébrissimes saillies drolatiques, j’ai beaucoup trop envie d’aller à Glasgow. Les temps changent, ma bonne dame, les policiers aux frontières restent les mêmes. Sacré eux.
Lorsque nous émergeons du tunnel après une traversée d’une demi-heure, il fait nuit. Le soleil, que nous avions quitté en France, en le regardant lentement passer sous l’horizon, a laissé place aux ténèbres. Nous sortons du terminal de Folkestone par une rampe aux lumières blafardes et effaçons peu à peu les miles qui nous séparent de Londres.
Nous entrons enfin dans le Greater London. Greenwich (« The city where time begins »), Peckam, Camberwell, Kennington, Vauxhall. Nous traversons la Tamise avec sur notre droite, la roue du Millenium, cyclope bleuté pointant son œil unique sur le Parlement.
Belgrove road et enfin Victoria Station, terme de cette partie du voyage.
Comme j’ai deux heures à attendre avant le car pour Glasgow, je décide d’aller au pub qui se trouve de l’autre côté de la rue Traveller’s Tavern. Bon remarquez, je me fous du nom. Ce pub pourrait tout aussi bien s’appeler L’auberge du chat qui pète ou La pinte qui fume.
Superbe façade en bois, peinte de manière décente. Quand je dis « de manière décente », je veux dire : « pas en hommage à Canard WC, comme un certain pub tourangeau, qui avant le changement de propriétaire, était un pub décent. »
Le temps de déguster une pinte de Guinness amplement méritée et je repars vers la gare routière pour m’embarquer, direction Glasgow.
Et là, êtes-vous sûrement en train de vous demander, le voyage va-t-il se révéler aussi palpitant qu’entre Paris et Londres ? En bien… non. Il fait nuit noire, on ne voit rien, il ne se passe rien et je m’endors vers 1h du mat’.
Nous arrivons à Glasgow vers 8h et je me précipite vers un Starbucks coffee pour ma dose de caféine. Palpitant, non ?
That’s fini.
When the seas and mountains fall
And we come to the end of days
In the dark I hear a call
Calling me there
I will go there and back again

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