Big issue
The Big Issue est un hebdomadaire vendu dans la rue par des SDF ou des personnes à faibles revenus. C'est un hebdo avec le même format que les Inrocks, par exemple, en moins épais. Les vendeurs l'achètent 40p et le revendent £1.
Je l'achète toutes les semaines pour les infos concerts, expos, dédicace de bouquins et autres occasions de reportages. J'avais l'habitude de l'acheter au même vendeur. J'avais même sympathisé avec lui. Georges, 47 ans. Et en discutant, sans que je lui demande quoi que se soit, il m'avait raconté son histoire: il était cadre dans une entreprise de Glasgow, marié, sans enfant. Puis il a été licencié pour raisons économiques et n'a pas retrouvé d'emploi. Sa femme a demandé le divorce. Il a été traité pendant un temps pour dépression. Il n'a pu trouver de logement et s'est retrouvé à la rue. Il y a 5 ans de cela.
J'avais fini par lui apporter de temps en temps un café ou une soupe pour qu'il puisse se réchauffer un peu. Grace à mes contacts au Glasgow council (créés par plusieurs reportages), je lui avais trouvé un centre d'accueil et de réinsertion.
Georges est mort dans la nuit de jeudi à vendredi d'hypothermie. Il a été enterré aujourd'hui sous une stèle anonyme. Ironie cruelle: samedi matin, j'ai reçu un appel du centre d'accueil m'annonçant qu'ils venaient de lui réserver une place.
Je l'achète toutes les semaines pour les infos concerts, expos, dédicace de bouquins et autres occasions de reportages. J'avais l'habitude de l'acheter au même vendeur. J'avais même sympathisé avec lui. Georges, 47 ans. Et en discutant, sans que je lui demande quoi que se soit, il m'avait raconté son histoire: il était cadre dans une entreprise de Glasgow, marié, sans enfant. Puis il a été licencié pour raisons économiques et n'a pas retrouvé d'emploi. Sa femme a demandé le divorce. Il a été traité pendant un temps pour dépression. Il n'a pu trouver de logement et s'est retrouvé à la rue. Il y a 5 ans de cela.
J'avais fini par lui apporter de temps en temps un café ou une soupe pour qu'il puisse se réchauffer un peu. Grace à mes contacts au Glasgow council (créés par plusieurs reportages), je lui avais trouvé un centre d'accueil et de réinsertion.
Georges est mort dans la nuit de jeudi à vendredi d'hypothermie. Il a été enterré aujourd'hui sous une stèle anonyme. Ironie cruelle: samedi matin, j'ai reçu un appel du centre d'accueil m'annonçant qu'ils venaient de lui réserver une place.
2 Comments:
"témoignage" utile par les temps qui courent, à force d'entendre aux infos le nombre de SDF qui meurent chaque nuit, on en perd parfois le sens des réalités: les raisons qui peuvent vous pousser dans la rue. Certains diraient que c'est le "systême", pas faux mais ça me semble une façon de botter en touche.
Speechless
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